La fistule

La fistule obstétricale est la constitution d’une communication anormale entre la vessie et le vagin ou le rectum. Elles surviennent à la suite d’accouchements difficiles et prolongés dans un milieu dépourvu de structure de soins obstétricaux adaptés. La tête du fœtus bloqué dans la filière génitale trop étroite comprime les tissus du vagin, de la vessie et/ou du rectum, empêchant leurs oxygénation par le sang, ce qui provoque leurs mort et laisse un trou, la fistule. La plupart du temps le fœtus ne survit pas. Ces femmes ont alors un écoulement permanent d’urines et parfois de selles par le vagin. Elles ont honte de leur état, de leur odeur repoussante, elles sont évitées par leur communauté. Bien souvent elles sont rejetées par leur famille, répudiées par leur mari. Non seulement elles ont perdues leur enfant mais aussi leur dignité humaine.
Le plus souvent les fistules surviennent chez les très jeunes femmes dont le bassin n'est pas pleinement développé du fait de leur jeune âge ou de la malnutrition.

Plus rarement les fistules sont dues à un viol, à un traumatisme sexuel ou une mutilation génitale.

La fistule obstétricale est un problème de santé publique dans les pays en développement, elle concerne surtout l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud. Plus de 2 millions de femme en souffrent.

Jacques Milliez, dans son livre “la santé des femmes dans les pays en voie de développement“ résume parfaitement la situation des femmes fistuleuses.

“Parmi les jeunes femmes, souvent les plus jeunes, il en est qui ne peuvent accéder aux points d’eau que la nuit, les ilotes, les exclues : elles portent en elles depuis leur accouchement, une fistule pelvienne, vésico-vaginale ou recto vaginale. À cause d’une disproportion fœto-pelvienne, d’un bassin exigu, d’un fœtus un peu gros ou mal orienté, elles ont accouché d’un enfant né sans vie. Elles ont échappé à la mort, à la rupture utérine, à la septicémie. Mais le travail d’accouchement a été interminable, il a duré des jours et des jours, la tête du fœtus est restée bloquée dans leur bassin. Alors les parois du vagin se sont nécrosées sur les points d’appui, la vessie ou le rectum se sont délités sous la pression. Après la délivrance elles ont perdu du liquide, de l’urine. Après les quarante jours elles se sont refusées au mari, après deux mois il les a répudiées. Elles sont retournées chez leurs parents, bouches inutiles et nauséabondes, impropres même à la prostitution, elles ne se lavent qu’au point du jour, avec les bêtes. Elles sont ainsi sans doute plus de deux millions dans le monde, en Afrique, en Asie, entre 50 000 et 150 000 de plus chaque année, en attente de traitement. La chirurgie peut guérir, en un seul temps, plus de 80 % d’entre elles, à condition de pouvoir accéder à l’un des centres spécialisés de prise en charge, telle la Clinique des Fistules d’Addis Abeba, ou aux organisations non gouvernementales francophones d’urologues et de gynécologues bénévoles, qui, après les avoir opérées, et cicatrisé leurs stigmates, s’attachent aussi à les resocialiser, à les réintégrer dans leurs droits.“
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Notre équipe en action - ici à Boromo au Burkina Faso.
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L'incontinence permanente, parfois des années durant.